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Sentinelles971

Le blog d'information des Médecins Généralistes de Guadeloupe

Autotests de dépistage du VIH.

Le site de la HAS fait un point sur le dépistage du VIH, et une information sur les Autotests de Dépistage de l’infection par le VIH (ADVIH), dont la vente est annoncée à partir du 1er juillet 2015, en officine et en ligne (liste des points de vente sur internet)

Un guide sur l’utilisation des ADVIH à l’intention des professionnels de santé a été réalisé, qui nous apprend par exemple que les ADVIH seront :
– des tests de dépistage rapide (TROD de 3e génération)
– délivrés sans prescription médicale
– un outil complémentaire au dispositif de dépistage actuel
 à partir d’un prélèvement sur le sang total (par piqûre au bout du doigt) ou sur le fluide gingival, est réalisé directement par l’intéressé.

– Il est important que la conservation (température et durée) et la réalisation du test suivent les conditions décrites par le fabricant.
L’utilisateur devra lire attentivement la notice avant de commencer.
– La technique  utilisée entraîne une réaction colorée, simple ou double.
– La fenêtre de lecture est d’environ 20-30 minutes. Avant et au-delà de cette période, le résultat n’est pas fiable.
Tout résultat positif doit être confirmé par un test Elisa de 4e génération en laboratoire nécessitant une prise de sang en laboratoire ou dans un CDAG/CIDDIST (futurs CeGIDD).
– L’autotest de dépistage du VIH fournit un résultat fiable sur le statut sérologique de l’utilisateur d’il y a 3 mois.
– En mars 2015, le remboursement de l’ADVIH par l’Assurance maladie n’est pas prévu. L’utilisateur prend en charge l’intégralité de son règlement. Son prix n’est pas connu.
Sida Info Service ( 0 800 840 800, appel anonyme et gratuit) propose une information sur le VIH et les ADVIH 24 h/24 et 7 j/7 avec possibilité de recourir à l’interprétariat professionnel, et à disposition sur son site www.sida-info-service.org la liste de structures de prise en charge.
– Enfin à noter concernant l’élimination des autotests: un sachet prévu à cet effet est fourni dans le kit.
En cas d’ autotest sanguin, qui s’apparente à un Déchets d’Activités de Soins à Risques Infectieux et assimilés (DASRI), il devra être apporté à un point de collecte (par exemple une pharmacie).
S’il s’agit d’un autotest sur fluide gingival, il peut être jeté à la poubelle.

Reco suivi patients VIH.

Mise à jour de juin 2014 de la fiche récapitulative du calendrier de suivi du patient VIH: fréquence et type de bilan (clinique, biologique, dépistage, examens complémentaires…) en fonction du profil du patient (traitement en cours, taux de CD4, pathologies associées…)
Un outil qui rend service…

A noter: un DU Infection par le VIH est proposé par la faculté de Médecine de Guadeloupe à la rentrée 2014.

Actualités cancers et dépistages en Guadeloupe.

Compilation et résumé de l’intervention du Dr Catherine BACHELLIER-BILLIOT de l’AGWADEC, et de la présentation des chiffres du registre des cancers (Dr DELOUMEAUX), qui ont eu lieu le 27/03/2014 aux 3èmes JAC (Journées Antillaises de Cancérolgies), concernant:
K gpeSource: Registre des cancers de Guadeloupe.
• le cancer de la prostate:
Le dépistage ne fait toujours pas partie des recommandations…
Une étude sur les habitudes de prescription du dosage des PSA en dépistage opportuniste  va être lancée par l’AGAWDEC.
En attendant le Pr. BLANCHET fait remarqué qu’un dépistage « organisé » n’atteindrait pas nécessairement un taux supérieur de la population.
Pour rappel, la Guadeloupe est «championne du monde» avec 600/cas/an, avec une moyenne d’age de 68 ans, avec le double de formes métastatiques et de mortalité par rapport à l’Hexagone.

• le cancer du sein (entre 50 et 74 ans):
Le dépistage organisé (DO), entre 50 et 74 ans, c’est:
– 121 000 mammographies réalisées depuis 2004, sur une population cible d’environ 60 000 femmes ( invitées tous les 2 ans ) .
– 7% de mammographies suspectes (ACR3, 4 ou 5)
– 135  cancers diagnostiqués  depuis octobre 2004 (dont 7 à 9% à la seconde lecture)
Pour rappel, on dénombre chez nous, environ 200 cancers du sein/an, dont 34% sont déja étendus (N+ ou M+), avec une moyenne d’age de 56 ans, et particularité locale 29% dans la fourchette 40-49 ans, et  52 % dans la fourchette du DOCS (63 % dans l’Hexagone).
NB1: ADRESSE UTILE pour imprimer en ligne une invitation pour la mammo: https://ssl.voozanoo.net/outre_mer_depistages/>

• le cancer colo-rectal
Le dépistage organisé (DOCCR) s’adresse aux assurés sociaux entre 50 et 74 ans, c’est-à-dire 115 000 assurés invités tous les 2 ans;
– 92 500 tests HEMOCCULTS réalisés depuis mai 2008, soit un taux de participation de 33% pour 2012-2013 atteignant  39.7 % pour 2013
– 1.7% de tests positifs (taux comparable à la métropole , un peu inférieur)
– 80 cancers diagnostiqués, et 120 patients « débarrassés » de polypes à risque.
– A venir les tests auto-immuns avec l’avantage d’un seul prélèvement (à la place des 6 actuels), mais les inconvénients d’une thermostabilité moindre, et d’un délai de lecture inférieur.
Pour rappel, en Guadeloupe on diagnostique 165 nouveaux cas/an, dont 38% à des stades déjà métastatiques.

NB2: Le dépistage organisé du cancer du col de l’utérus, par frottis classique ou recherche HPV (à définir  en fonction des financements des tutelles) est prévu  dans le cadre du 3ème plan cancer. Il  devrait se mettre en place dès que les textes d’application seront parus et notre département devra se prononcer sur la place à laisser à l’auto-prélèvement …

Article relu et corigé par le Dr Catherine BACHELLIER-BILLOT, médecin coordonnateur à l’AGWADEC.

Outil: Site d’éligibilité aux dépistages avec AGWADEC.

Une adresse utile: https://ssl.voozanoo.net/outre_mer_depistages; celle du site web sécurisé « Eligilité Outre-Mer » qui permet:
après identification du médecin, grâce à son identifiant (n°ADELI) et mot de passe (à demander à l’adresse cbb.agwadec@orange.fr)
– une vérification du statut d’éligibilité de l’assuré vis à vis des dépistages organisés (après recherche rapide via le numéro de sécurité social de l’assuré), et de pouvoir en fonction l’inviter ou l’exclure du dépistage.

eligibilite agwadec

• Dans le dépistage du cancer du sein, c’est la possibilité
– pour le radiologue d’éditer une prise en charge
pour les autres médecins, d’éditer une ordonnance ainsi que la liste des centres de radiologie agréés par département (971AGWADEC pour nous).

• Dans le dépistage du cancer du colon c’est la possibilité, pour le médecin traitant de saisir une fiche d’inclusion ou d’exclusion du patient et de renseigner la consultation correspondante (et donc dispense de l’envoi postal).

QUELQUES CHIFFRES pour 2013:
97 médecins utilisateurs (généralistes ou radiologues), en Guadeloupe.
DOCS : 388 prises en charge imprimées à partir du site, dont 66 % par les CIM.
DOCCR : 191 tests Hémoccults remis avec demande d’envoi de la lettre d’invitation au domicile de l’assuré suite à une inclusion à partir du site.
En parallèle 55 assurés sociaux exclus du DOCCR (notamment pour cause d’ATCD personnel connu, ou familial de risque élévé de CCR) à partir du site.

Le site est facile d’utilisation, cependant en cas de besoin, en lien un DIDACTICIEL d’aide à l’utilisation.

Article écrit en collaboration avec le Dr Catherine BACHELLIER-BILLOT, Médecin Coordonnateur à l’AGWADEC.

Dépistage du VIH, en Guadeloupe.

Les TESTS de DÉPISTAGE:
la sérologie de dépistage:
Il s’agit d’un test ELISA combiné (détection simultanée des anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2 et de l’antigène p24). Prescrit par un médecin ou une sage-femme, il est réalisé en laboratoire d’analyse, où il est coté B54 = 16.74 euros, et pris en charge à 100% par la CGSS.

le test rapide d’orientation du diagnostic (TROD) proposé dans les lieux de dépistage gratuit, et en attendant les résultats de l’étude en cours sur la faisabilité en ville, certaines associations sont habilitées (ENTRAIDE GWADLOUP, AIDES, et Sida Liaisons Dangereuses à St Martin).

Les LIEUX de DÉPISTAGE gratuit en GUADELOUPE sont:
1/ les CIDDIST (Centre d’Information de Dépistage et de Diagnostic des Infections Sexuellement Transmissibles), dont la liste (avec adresses, téléphones, et horaire d’ouverture) est disponible sur le site du COREVIH971:
– BASSE-TERRE: CIDDIST, anciens locaux des urgences du CHBT

– CAPESTERRE: antenne du CIDDIST du CHBT, local du planning familial
– LE MOULE: CCAS, rue Siban
– POINTE-A-PITRE:
• CLASS de Beauperthuy, à coté du centre R. Nainsouta
• Association Saint Vincent de Paul, Assainissement
– St MARTIN: 5 adresses.

2/ Les PMI, et CLASS (Centres locaux de Santé et Solidarité) où les sages femmes ont également été formées au TROD: adresses disponibles sur le site du conseil général.

3/ Les centres d’examens de santé (CES), proposent le test aux personnes majeurs, et aux mineurs avec l’accord des parents .

EN PRATIQUE en GUADELOUPE:
Le Dr Louis BEYSSAC a réalisé un travail pour sa thèse, qui a donné lieu à un article publié en novembre 2012, sous le titre
 «Identification des freins à la prescription du test de dépistage de l’infection au VIH par les sages-femmes et médecins en Guadeloupe».

LES OBJECTIFS de cette étude étaient d’évaluer le niveau de connaissance des recommandations de 2009 et d’identifier les freins à la prescription du dépistage du VIH par les prescripteurs (médecins et sages-femmes).

LE CONTEXTE:
La Guadeloupe est le second département français pour le diagnostic et la prévalence de l’infection par le VIH et du SIDA.
En 2010, le taux de découvertes de séropositivité pour l’ensemble de la population française était de 97 cas par millions d’habitants, contre 517 en Guadeloupe (après la Guyane avec 1124 , et avant l’Ile-de-France avec 235), et pour un taux de dépistage par tests de 77 pour 1000 habitants en France, contre 164 en Guadeloupe, 168 en Guyane et de 134 en Martinique.
En 2006, les nouveaux cas diagnostiqués étaient à 58,7% asymptomatiques, 14,5% symptomatiques non SIDA, 13% au stade SIDA, et seulement 12,9% au stade primo-infection (phase cruciale pour le transmission). En France, sur la même période, ces pourcentages étaient respectivement de 52%, 12%, 14% et de 22%.
En données cumulées, entre 2003 et 2009, en Guadeloupe, le profil des nouveaux séropositifs était:
57.1% des cas entre 30 et 49 ans, avec un sex-ratio proche de 1
– 16.9% des cas entre 20 et 29 ans,  avec un homme pour deux femmes
15.2% des cas entre 50 et 59 ans , avec une femme pour deux hommes
– 89 % des hétérosexuels, à 9,5 % des homosexuels ou bisexuels et à 1,4 % des usagers de drogue ou une transmission mère-enfant

– 57% de nationalité étrangère et 42% de nationalité  française.

Les nouvelles recommandations (octobre 2009) de la HAS sur la stratégie et les dispositifs de dépistage, préconise un dépistage annuel pour les habitants et originaires de la Caraïbe.

LES RÉSULTATS montrent que pour les médecins, les principaux freins à la prescription du dépistage étaient :
– la consultation pour un autre motif (41%)
– le patient connu ou proche de son entourage (26%)
– l’absence de symptôme d’infection VIH (23%)
– la présence du partenaire (18%)
– l’absence prise de risque (12%)

Le profil du patient facilement dépisté est un homme ou une femme, de 20 à 39 ans, multipartenaire, hétérosexuel ou d’orientation sexuelle indifférenciée, né en Guadeloupe, assuré social , ayant  une addiction.
A l’inverse le profil du patient difficilement dépisté est celui d’une femme, de plus de 50 ans, née en Guadeloupe, ayant ≥ 1 enfant.

A peine plus de la moitié (55%) des médecins connaissent les nouvelles recommandations, et 25.6% la recommandation de dépistage annuel pour les originaires et habitants de la Caraibe.
Par contre 95% des médecins savent vers quel spécialiste et/ou structure orienter.

En CONCLUSION:
Le niveau de connaissance des recommandations de 2009 est insuffisant.
Les freins à la prescription mis en évidence chez les prescripteurs guadeloupéens, montre 
l’importance de rappeler le caractère systématique et annuel du dépistage et de lever l’ambiguïté entre dépistage d’un patient asymptomatique et diagnostic d’un patient symptomatique.

Article relu par le Dr Louis BEYSSAC (médecin généraliste, faisant fonction d’interne aux urgences adultes et pédiatriques du CHUPPA) et le Dr Marie-Thérèse GOERGER-SOW (présidente du COREVIH971).

Source: «Identification des freins à la prescription du test de dépistage de l’infection au VIH par les sages-femmes et médecins en Guadeloupe» par les Dr Louis BEYSSAC, Dr P. KADHEL, Dr M-T. GOERGER-SOW et le Pr E. JANKY.

Recommandations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus.

Recommandations sur le dépistage du cancer du col de l’utérus: un sujet dont il convient de rétablir la «vérité» et en tous cas la «réalité» après la désinformation organisée par la CGSS de Guadeloupe (via le site ameli Guadeloupe, les médecins conseils, et les délégués de l’assurance maladie [DAM]) sur l’age recommandé pour débuter le dépistage individuel du cancer du col de l’utérus par le frottis cervico-uterin (FCU).

En effet, la CGSS de Guadeloupe a fait circuler une « recommandation orale » (car aucune trace écrite dans ce sens) comme quoi en Guadeloupe les médecins devaient prescrire le frottis à partir de 20 ans??? (et non 25-65 ans comme partout en France à l’exception de la Guyane) et que les médecins généralistes seraient « notés » dans leurs objectifs de rémunération sur le nombre de frottis entre 20 et 65 ans???

Le Dr DELSOL (généraliste à Basse-Terre) et moi même nous sommes étonnées, d’une part de ne trouver aucun document écrit dans ce sens, alors que les DAM et médecins conseils maintenaient leur position. Et d’autre part, de la possibilité de modifier de façon locale les critères déterminants le calcul d’objectifs de rémunération décidés au plan national?

La HAS recommande en fait, depuis juillet 2010 (voir les évolutions) le dépistage du cancer du col de l’utérus de 25 à 65 ans, par frottis cervico-uterin tous les 3 ans (après deux frottis consécutifs normaux faits à un an d’intervalle). La recommandation dit même l’inverse de ce que véhicule la CGSS Guadeloupe, puisqu’il est précisé à la page 5, qu’un «dispositif particulier n’apparaît pas nécessaire pour les autres départements d’outre-mer» en parlant de la Guyane.

Nous avons alors posé la question aux gynécologues (Dr HALLEY et Dr KADHEL) qui n’étaient pas davantage au courant d’une telle reco, et ne sont pas en faveur (problème de surdiagnostic et surtraitement [conisation] chez des jeunes femmes, avec problèmes notamment de béance du col lors de grossesses ultérieures).
Le débat a été élargi sur l’intérêt de l’avancement de l’age du dépistage, avec le Dr BACHELLIER-BILLOT de l’AGWADEC, et il ne semble pas y avoir d’indication puisque l’incidence du cancer du col de l’utérus en Guadeloupe est comparable à celle de la métropole.
Pour information les incidences standardisées du cancer du col de l’utérus, selon le BVS d’octobre 2011 sont en Guadeloupe de 6.7/100 000, 8.78 pour la Martinique, 31.52 en Guyane!!! , 7.1 pour la France (INCa) et 9 pour l’union européenne (INCa).

La question a donc été posée en CPL le 14/03/13, et la réponse de la CGSS a été qu’il s’agit effectivement d’une recommandation interne, mais qu’ils ne savent sur quel document elle s’appuie… mais qu’en attendant une « vraie » réponse, la consigne serait donnée aux DAM d’arrêter de véhiculer une information non vérifiée…

Juste pour finir avec le dépistage du cancer du col de l’utérus, quelques mots sur le dépistage organisé:
– il fait l’objet de recommandations de l’HAS, pour autant il n’est toujours pas en place
– SAUF dans 4 départements, donc la Martinique
en Guadeloupe, le dossier déposé par l’AGWADEC, en janvier 2013, près de l’INCa pour un dépistage gratuit et ciblé (femmes assurées sociales auprès de la Mutualité Sociale Agricole et femmes consultant en PMI) n’a pas été retenu…

A venir: un article sur « Où réaliser le frottis cervico-utérin, en Guadeloupe? »

Article co-écrit et relu par les Dr BACHELLIER-BILLOT (médecin coordinateur à l’AGWADEC), Dr DELSOL (généraliste à Basse-Terre), et Dr HALLEY (gynécologue à Pointe-à-Pitre).

AGWADEC: Actualités en 2013.

La première des missions confiées à l’Association Guadeloupéenne pour le Dépistage des Cancers (AGWADEC), émanant du premier Plan Cancer (2003-2008), est d’assurer la promotion et l’organisation des programmes de dépistages organisés (DO) auprès de la population de Guadeloupe.

Le second Plan Cancer (2009 -2013) y ajoute les obligations suivantes:
améliorer l’accessibilité des populations exclues du dépistage
– augmenter l’efficience des DO en optimisant le fonctionnement des structures existantes rebaptisées « centres de coordination »
améliorer le suivi des résultats des DO, en s’assurant notamment que tout patient dépisté positivement bénéficie d’une prise en charge rapide et adaptée
impliquer les médecins traitants dans les programmes
garantir l’égalité d’accès aux techniques les plus performantes sur l’ensemble du territoire.

agwadec

Aussi tout en veillant à assurer la promotion et l’organisation des dépistages organisés du sein (DOCS) et du colon (DOCCR) -telles que prévues par le cahier des charges des dépistages- l’AGWADEC s’attache  à actualiser les actions menées en développant des projets concernant :

LE CANCER DU SEIN.
Compte tenu des particularités épidémiologiques observées aux Antilles , l’AGWADEC souhaite abaisser à 40 ans l’âge d’entrée des femmes dans le DOCS. En effet :
52% des cancers du sein diagnostiqués chaque année le sont dans la population cible du DOCS (50-74 ans inclus) contre 28 % dans la tranche des 40-49 ans.
– l’incidence standardisée est 1.8 fois inférieure à celle de l’hexagone toutes tranches d’âge confondues (constamment inférieure à même tranche d’âge).
– la mortalité standardisée est 1.8 fois inférieure à l’hexagone, SAUF pour la tranche d’âge 45-54 ans.

Un dossier en ce sens avait déjà été présenté en juillet 2010 sur un appel à projet de l’INCA visant à expérimenter de nouvelles tranches d’âge pour le DOCS (<50 ou >75 ans) que la CNAM-TS avait jugé comme non-prioritaire pour l’ensemble des dossiers de candidature.

L’AGWADEC se repositionnera donc dès que l’opportunité se présentera (l’autorisation devant venir des tutelles nationales : INCa, InVS, DGS, ARS et CNAM-TS) pour un abaissement de l’âge d’entrée dans le DOCS à 40 ans en Guadeloupe.

LE CANCER DU COLON:
Dès le 1er mars 2013, l’AGWADEC va expérimenter un nouveau mode de relance R2 dans le cadre du DOCCR (dossier accepté par l’INCa en juillet 2012), avec la possibilité de délivrance gratuite du test, dans les pharmacies volontaires, exclusivement sur présentation de la relance R2 et contre la remise du bon qui l’accompagne.

LE CANCER DE LA PROSTATE, dont le dépistage par dosage du PSA fait actuellement polémique, est un problème de santé publique majeur aux Antilles.

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(Source du diagramme: Registre général des cancers en Guadeloupe.)

En janvier 2013, l’AGWADEC a répondu à un appel à projet de l’INCa (publication des résultats en juillet 2013 avec acceptation ou pas des dossiers présentés) concernant «l’analyse des pratiques locales actuelles de prescription du dosage des PSA dans le cadre du dépistage opportuniste du cancer de la prostate».

L’AGWADEC mène actuellement une étude avec l’Echelon Régional des Services Médicaux de la CGSS pour évaluer le coût annuel de cette pathologie sur le département dans le but d’élaborer un protocole de dépistage «ciblé» (dans notre population considérée à risque) du cancer de la prostate visant à en diminuer la mortalité globale et le taux de formes métastatiques ou localement avancées au moment du diagnostic .

LE CANCER DU COL DE L’UTERUS :
En janvier 2013, l’AGWADEC a répondu à un appel à projets de l’INCa (publication en juillet 2013 des résultats avec acceptation ou pas des dossiers présentés) concernant «la mise en place d’un dépistage gratuit du cancer du col de l’utérus pour les femmes assurées sociales auprès de la Mutualité Sociale Agricole (taux actuel de couverture en frottis cervico-vaginal de 5%) et pour les femmes consultant en PMI (dont une proportion non négligeable ne bénéficie d’aucune couverture sociale) (mesure 14 du 2ème Plan Cancer)».

Article écrit par le Dr Catherine Bachellier-Billot, médecin coordonnateur à l’AGWADEC.

AGWADEC: Généralités.

agwadec logo
L’Association Guadeloupéenne pour le Dépistage des Cancers
(AGWADEC), a été créée en novembre 2003.

Les missions qui lui sont confiées, d’assurer la promotion et l’organisation des programmes de dépistages organisés (DO) auprès de la population de Guadeloupe émanent du premier Plan Cancer (2003-2008).

Les statuts de l’AGWADEC en font une association type loi 1901, gérée par un Conseil d’Administration composé de trois collèges formés respectivement de représentants des tutelles et/ou financeurs (CGSS, ARS, Conseil Général, Mutuelles), des professionnels de santé (2ème collège) et des usagers (3ème collège).

L’AGWADEC est financée à 50% par la CGSS de la Guadeloupe et à 50% par l’ARS. L’Institut National du Cancer (INCa) contribue à la prise en charge de la communication.

L’association emploie neuf salariés répartis en 6 postes administratifs (ETP en CDI) et 3 postes médicaux (1 temps plein en CDI correspondant au médecin coordonnateur, et 2 temps partiels (0.7 ETP) en CDD) qui assurent l’efficacité du dispositif en veillant au respect du cahier des charges tel que paru au JO du 21 décembre 2006. Le Comité Scientifique œuvre également dans ce sens.

L’AGWADEC propose selon des modalités identiques à celles appliquées sur l’ensemble du territoire français:
– les dépistages organisés du cancer du sein (DOCS) par la  mammographie et du cancer colo-rectal (DOCCR) par un  test de recherche de saignement occulte dans les selles (Hémoccult® actuellement).
– chaque campagne dure 2 ans, et s’enchaîne avec la précédente
– et concerne une «population cible» d’assurés sociaux âgés de 50 à 74 ans inclus.

agwadec

Le Dépistage Organisé du Cancer du Sein (DOCS), est proposé depuis octobre 2004, aux femmes assurées sociales âgées de 50 à 74 ans inclus, ce qui représente en Guadeloupe 58 000  femmes, avec un taux effectif de participation de 53% de la population cible.

Le Dépistage Organisé du Cancer Colo-Rectal (DOCCR), est proposé depuis mai 2008, aux hommes et femmes assurés sociaux âgés de 50 à 74 ans inclus, soit en 2012, près de 48 800 hommes et 57 800 femmes, avec un taux de participation inférieur à 30%.

Le second Plan Cancer (2009 -2013) s’est fixé les objectifs suivants:
améliorer l’accessibilité des populations exclues du dépistage
augmenter l’efficience des DO en optimisant le fonctionnement des structures existantes rebaptisées «centres de coordination»
améliorer le suivi des résultats des DO, en s’assurant notamment que tout patient dépisté positivement bénéficie d’une prise en charge rapide et adaptée
– impliquer les médecins traitants dans les programmes
garantir l’égalité d’accès aux techniques les plus performantes sur l’ensemble du territoire.

L’AGWADEC s’attache à réactualiser chaque année ses protocoles et ses projets en fonction des observations de terrain.

Article écrit par le Dr Catherine Bachellier-Billot, médecin coordonnateur à l’AGWADEC.