Partage

Sentinelles971

Le blog d'information des Médecins Généralistes de Guadeloupe

Autotest VIH gratuit

On le sait… dans la lutte contre le VIH, maintenant que nous avons des traitements (bien tolérés) qui permettent de rendre la charge virale indétectable, et donc de rendre les personnes vivants avec le virus, non contaminants pour les autres; le traitement (sans attendre) devient aussi un outil de prévention…plus que jamais il faut dépister, et donc TESTER! TESTER! TESTER!
Tester sur ou sans ordonnance en laboratoire, faire du test rapide (TROD) en centre de dépistage ou ailleurs, de l’autotest acheter en pharmacie ou envoyé par la Poste comme ci-dessous (en plus gratuit), en s’inscrivant sur jefaisletest.fr!

Vaccins anti-COVID

Quelques articles ou sites, notamment sur l’efficacité et les effets indésirables:
–  le site Quoi dans mon assiette  et notamment l’article de décembre 2020 (toujours d’actualité) : Synthèse sur les vaccins

– le site de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé), sont disponibles toutes les infos et notamment les  points de situation sur la surveillance des vaccins contre la Covid19
et l’article Le vaccin Comirnaty (Pfizer-BioNTech) n’augmente pas le risque d’événements cardiovasculaires graves chez les personnes âgées de 75 ans et plus en France

Pour rappel, les 3 contre-indications médicales aux vaccins à ARN messager établies sont à ce jour:
– le  » syndrome PIMS« , ou syndrome inflammatoire multi-systémique pédiatrique.
les réactions type myocardite, péricardite et hépatite sévère ayant nécessité une hospitalisation et faisant suite à une première injection de vaccin à ARNm« .
– allergie à l’un des composants du vaccin, le PEG 2000 (un polyéthylène glycol).

Voyageurs.

Quelques liens utiles à la préparation du voyage:
– « la Bible » du médecin du voyageur: le BEH special voyageurs 2021 , avec notamment les tableaux prophylaxie paludisme, et les vaccinations recommandées. 
– les recommandations par pays du CHU de Toulouse
– la page d’accueil du site Santé-Voyages.com avec des espaces voyageurs, médecins et entreprises, des fiches par pays et même une boutique 🙂
– le site Safetravel
– le site mes vaccins.net

– le site du ministères des affaires étrangères avec des informations « dernières minutes » sécuritaire et sanitaire, des infos pratiques, des conseils par pays, un accès au dispositif Ariane (comme le fil :-)…
– les recommandations adaptées aux femmes enceintes ou allaitantes sur le site du CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes).

EN GUADELOUPE:
• L’Institut Pasteur dispense du lundi au vendredi, de 8h à 14h, des consultations conseil aux voyageurs ainsi que les ordonnances de prophylaxie contre le paludisme, et les vaccinations du voyageur, aux tarifs suivants  (CB ou espèces): fièvre jaune: 45 euros, hépatite A: 52 euros, fièvre typhoïde: 42 euros, leptospirose: 55 euros, rage: 53 euros, méningocoque: 52 euros, DTP-HépatiteB-ROR: gratuits.
• Centre Médical de l’Aéroport (CMA): 0590 83 61 24, 7 jours/7, de 9 à 23h, propose également des consultations voyageurs, et les vaccinations (fièvre jaune au tarif de 80 euros, et réalisation des éventuels autres vaccins après prescription et achat à la pharmacie). 

2021 avril: Revue biblio du Dr BOUCAUD MAITRE

Nouvelle sélection d’articles des deux derniers mois (hors-COVID).

1. Antihypertenseurs et risque CV (Lancet)
Une méta-analyse sur données individuelles de 48 essais (n=344.716 patients) suggère qu’une baisse de 5 mmHg de PA diminue le risque d’événements cardiovasculaires majeurs de 10% (suivi moyen dans les études : 4,1 ans), peu importe que les patients aient ou non des antécédents cardiaques et peu importe le niveau de PA initial. A priori même chez ceux ayant une PA considérée comme normale, en tout cas non traitée pharmacologiquement.

Les auteurs concluent que les médecins devraient davantage communiquer sur l’importance de la réduction du risque CV plutôt que sur la baisse de la PA en elle-même.

https://www.thelancet.com/action/showPdf?pii=S0140-6736%2821%2900590-0

2. Inégalités sociales versus hygiène de vie (BMJ)
Une étude épidémiologique intéressante a été menée aux US (n=44.462) et UK (n=399.537) sur l’interaction entre les inégalités sociales et l’hygiène de vie sur les événements de santé (mortalité, mortalité CV et morbidité) (suivi à 11 ans).

Un niveau social bas était associé à un risque doublé de mortalité (HR: 2.13, IC95% : 1,90-2,38) comparativement à un niveau social élevé, mais l’hygiène de vie ne pouvait expliquer que dans 3 à 12,3% l’excès de risque. En d’autres termes, la promotion d’un mode de vie sain ne permet pas seule de réduire les inégalités sociales en termes de santé.

https://www.bmj.com/content/373/bmj.n604

3. Poloxamer dans la drépanocytose (JAMA)
La drépanocytose a longtemps été le parent pauvre de la recherche thérapeutique mais les choses ont changées depuis quelques années, elle devient même une priorité pour de grandes firmes pharmaceutiques actuellement.

Dans le traitement de la crise vaso-occlusive par exemple, une étude en 2001 avait suggéré que l’administration de poloxamer permettait une réduction de la durée de l’épisode versus placebo (141 heures versus 133 heures, p=0,04)).

Un essai similaire (pourtant effectué en 2016) vient d’être publié, ne mettant pas en évidence un bénéfice clinique de la substance active sur un critère de jugement différent : la durée de la dernière dose d’opioïdes utilisée en parentérale pour la résolution de la crise (81,8 heures versus 77,8 heures (p=0,09)).

Dans l’éditorial associé, l’explication avancée serait que dans le premier essai, la durée de l’épisode jusqu’à la résolution était évalué subjectivement par les investigateurs, avec beaucoup de dossiers incomplets, particulièrement dans le groupe placebo, ayant mené à une imputation des données manquantes en faveur du poloxamer. De l’importance de bien choisir son critère de jugement et sa méthodologie.

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778807

https://jamanetwork.com/journals/jama/fullarticle/2778824?resultClick=1

4. Scolopendre (Clinical Toxicology)
Une étude thaïlandaise dans la meilleure revue de toxicologie a étudié les cas de morsure par la scolopendre dans le CHU de Bangkok. Seulement 245 cas en 10 ans (2006-2015), avec 12 cas compatibles avec un choc anaphylactique. Tous ont reçu des analgésiques, les antibiotiques ont été prescrits chez 53,9% des patients et les antihistaminiques chez 20,4%.

Il y a de quoi faire mieux en Guadeloupe : rien qu’entre le CHUG et le CHBT, il y a eu 172 cas de morsures entre 2013 et 2015 aux urgences… et France Antilles a publié 2 cas mortels en 2016 (plus que douteux puisqu’aucune enquête médicale n’a été menée). Quant à savoir si les antibiotiques sont utiles… En tout cas, pour les fins palais amateurs de rhum imbibé de scolopendres, un cas clinique de 2004 de rhabdomyolyse (entre autres) dans le lien ci-après et une photo appétissante.

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/15563650.2020.1865543

https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1081/JDI-120028562

5. Revues prédatrices (Revue de médecine interne)
L’avènement du système auteur-payeur pour la publication des articles a permis le développement des revues prédatrices, généralement tenus par des « maisons d’éditeur » indiens ou russes, qui mettent en ligne les articles pour un coût modique et une relecture par les pairs plus qu’hasardeuse. Une enquête avait montré que près de 10% des chercheurs du CIRAD par exemple avaient déjà publié dans ce type de revue bidon. Une synthèse intéressante dans la Revue de Médecine Interne est disponible pour les identifier et comprendre leur fonctionnement.

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0248866321004070

6. Mangez-moi ! Mangez-moi ! Mangez-moi ! (NEJM)
Un essai clinique paru dans le NEJM que n’aurait pas renié Billy Ze Kick… La psilocybine, bien connue des cueilleurs de champignons hallucinogènes, aurait une activité agoniste sur les récepteurs 5 HT2A. Elle a donc tout naturellement été comparée à l’escitalopram chez des patients dépressifs dans un essai en double-aveugle (n=59). Pas de différence sur l’échelle de dépression (QIDS-SR-16) à 6 semaines entre les 2 groupes (p=0,17).

Pour les effets « indésirables » de la psilocybine, je traduis : « Les patients du groupe psilocybine ont rapporté de plus grandes améliorations perçues dans la capacité à pleurer et à ressentir de la compassion, des émotions intenses et le plaisir, et ont déclaré se sentir moins somnolents que ceux du groupe escitalopram. Aucun cas d’altération de la perception visuelle ou de troubles psychotiques n’a été observé».
Gare à la descente quand même…

https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2032994

7. Apocalypse now (American Psychiatric Association)
Mais tout n’est pas perdu. Au cours du congrès de l’American Psychiatric Association la semaine dernière, une psychothérapie assistée au MDMA a montré des résultats favorables dans le traitement du trouble du stress post-traumatique. Dans cette étude en double-aveugle chez 90 patients, 67% des patients traités au MDMA ne remplissaient plus les critères de PTSD versus 32% sous placebo, et ils présentaient même un score de dépression inférieur de 10 points environ sur l’échelle BDI. Bien entendu, aucun cas d’abus de substance ou de pensées suicidaires sous MDMA dans cet essai strictement encadré.
Les américains ont donc enfin trouvé LA solution pour les vétérans de la guerre d’Irak.. A l’image des opiacées et opioïdes, il suffira ensuite d’élargir subtilement les indications à toute personne ayant subi un « choc émotionnel » par exemple. Avec un peu de chance et une pincée de marketing ourdi, l’Amérique entière sera donc bientôt sous ecstasy.

https://www.apmnews.com/depeche/118895/367148/phase-iii-positive-pour-une-psychotherapie-assistee-par-mdma-dans-le-trouble-de-stress-post-traumatique