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Sentinelles971

Le blog d'information des Médecins Généralistes de Guadeloupe

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COVID19: Mémo CAT pour les ADULTES, dans le cas le plus fréquent

MEMO-ADULTES 15/09/20 (2 pages téléchargeable avec tableaux ) pour la CAT avec les adultes, réactualisé suivant lavis du Conseil Scientifique du 03/09/2020 qui dit : « …avec les outils dont on dispose aujourd’hui, «la transmission du Sars-CoV-2 à partir des personnes infectées est maximale entre 2 jours avant l’apparition des signes clinique et 5 jours après, et n’a été documentée que très exceptionnellement au-delà du 8e jour d’infection». De plus, «il n’y a pas de virus cultivable au-delà du 8e jour chez les patients confirmés présentant des formes ne nécessitant pas d’hospitalisation, même si de très faibles traces du virus restent détectables par RT-PCR au-delà du 8e jour».
Il propose, sur cette base, un isolement de 7 jours:
A partir du jour du début des symptômes pour les cas (symptomatiques) confirmés, sans attendre les résultats du test ;
A partir du jour du prélèvement positif pour les cas asymptomatiques ;
A partir du jour du contact avec un cas confirmé pour les personnes-contact, suivi d’un test diagnostique réalisé au 7e jour d’isolement, isolement qui sera poursuivi si le résultat du test est positif. »

Attention pour les cas contacts, il y a des subtilités en fonction de si le cas index est symptomatique ou pas, et s’il vit dans le même foyer ou pas…


Etude COVIDHIV


La Guadeloupe participe à l’étude nationale COVID VIH,
étude observationnelle « interventionnelle » à minima (non thérapeutique) dont voici le COVIDHIV diaporama de présentation et le COVIDHIV protocole (en anglais).

L’investigateur principal pour la Guadeloupe (centre 035: SMIT CHU Guadeloupe avec l’appui du CIC, des Tecs COREVIH centre PAP et du CPB), est:
Dr Isabelle LAMAURY, du Service « Infectiologie, Dermatologie et Immunologie Clinique » CHUG; à alerter en cas de diagnostic ou forte suspicion d’infection COVID19 survenant chez une personne vivant avec le VIH qu’elle soit ou non hospitalisée .
Par mail: isabelle.lamaury@chu-guadeloupe.fr
Par téléphone: 0590891642/ 0690732471

Les inclusions sont ouvertes avec les critères suivants :

COVID19: Chiffres au 11/09

Sans couvre feu, ni confinement… les chiffres évoluent logiquement dans le mauvais sens…
Les chiffres des hospitalisations étant maintenant disponibles , et tous les tableaux et diagrammes ont été repris avec ces données (décès en rouge, réa en jaune et lits de médecine en vert) qui montrent +69% d’hospitalisation en une semaine (+64% en médecine, +81% en réa).
La situation actuelle dépasse de loin le pire qu’on est connu en fin mars AVEC confinement… alors qu’on nous annonce des « mesurettes », et pas même le couvre feu mis en place en Guyane lors du passage du stade 3 de l’épidemie (pour eux le 15/06/20)… alors que nous avons pour la 3ème semaine un taux de positivité supérieur à 20% sur les tests tout venant, et sommes champions de France avec un taux d’incidence supérieur à 200/100 000 habitants!
et évidemment pas de TGV en vue pour évacuer nos patients…


Concernant les tests, on stagne ce qui montre bien qu’on a atteint les limites des laboratoires avec une capacité maximale moyenne de 760 tests/jour ouvrable (loin des 1500/jours promis en sortie de confinement par l’ARS). La « diminution » du nombre de cas est donc fausse, d’autant plus que le taux de positivité reste pour la 3ème semaine autour de 20% dans la population testée (dont on ne connait pas la part de prioritaires et non prioritaires). En outre la priorisation, annoncée comme la « nouvelle solution », et instaurée chez nous depuis le 24/08 n’a pas fait ses preuves en terme de réduction des délais de RDV ou de rendu de résultat.
Enfin avec l’habituel retard de 2 à 3 semaines, on note l’ascension du nombre d’hospitalisations
(détaillées plus haut).


Concernant les décès: total de 24, avec 13 sur la période confinée du 20/03 au 05/05, et déja 11 en un mois (depuis semaine du 08/08) , dont un homme de 44 ans et une femme de 37 ans.

COVID19: Chiffres au 09/09

Suite en septembre de la compilation des chiffres donnés par la Préfecture depuis fin juin, avec la mise à jour du 08/09/2020, et avec la correction des chiffres annoncés pour la semaine précédente  EN FAIT nous étions déja à 20% de positivité sur les tests tout venant…
Le taux de positif chez les patients symptomatiques vus en cabinet est donc bien supérieur, et mon évaluation personnelle à a 70% environ !!! sans compter les patients qui malgré la priorisation soit disant mise en place n’arrivent pas à se faire tester et donc ne sont pas comptabilisés ou 15 jours après…d’où les consolidations des données 10 jours après…
Dans tous les cas: explosion nette des cas: 25/semaine il y a 1 mois… 325 il y a 15 jours, puis 675, puis 841 !!! On file vers les 1000 cas… toujours SANS confinement ni même couvre-feu… mais un passage en phase 3 semble inéluctable ( pour rappel c’est le cas de la  Guyane depuis le 15/06 quand ils ont atteint 60 hopsitalisations pour une population de 290 000 habitants)
Et un taux d’incidence de 226/100 000 habitants (le plus fort de France, quand les Bouches du Rhone sont à 193, mais avec le TGV et les départements à coté où évacuer leurs malades…), avec un seuil d’alerte qui était à 50???


Enfin des chiffres sur les hospitalisations via le bulletin épidémio du CHUG 08-09-2020 qui montre l’augmentation des hospitalisations en général (50 lits occupés à ce jour dont 19 en réa-USC)


Enfin 6 décès sur la semaine dernière. Et au 08/09 un total de 23 déces, soit 10 depuis 1 mois, dont 1 patient de 44 ans… quand on sait que sur la période du 20/03 au 05/05 on avait atteint 13 décès en étant confiné

Tribune à signer « Halte à la fraude scientifique »

Pour signer la tribune « Halte à la fraude scientifique » notamment déja signée par les société de pathologie infectieuse (SPILF), de pneumologie (SPLF) et de réanimation (SRLF) de langue française, la société française de pédiatrie (SFP), le Collège National des Généralistes Enseignants (CNGE), et plein d’autres…

« Halte à la fraude scientifique

Cette pandémie est la première dans l’histoire de la science moderne.
Les moyens déployés et la mobilisation des chercheurs ont été sans précédent.
Tous les projecteurs étaient braqués sur le monde de la recherche, ce qui aurait contribué à démocratiser et rendre attractif ce domaine parfois vu comme lointain ou inaccessible.

Nos concitoyens étaient en droit d’exiger la science la plus sérieuse et honnête, dans l’intérêt supérieur de l’Humanité.
Force est de constater qu’ils ont été surpris et déçus.
Au lieu d’une unification des forces, ils ont assisté à une dispersion des moyens à l’échelle mondiale, européenne, et même nationale, nourrie par une impréparation et des égoïsmes, tant entre Etats qu’entre équipes de recherche, conduisant à une épidémie de petites études scientifiques locales parfois de mauvaise qualité qui ont fait perdre un temps précieux et sans doute beaucoup de vies humaines. L’Académie nationale de Médecine a alerté, sans succès.

Cependant, la confiance de nos concitoyens a surtout été brisée par la mise en lumière de fraudes scientifiques. L’affaire dite du « Lancet-gate » a eu un retentissement mondial, pas seulement dans la recherche, mais aussi sur des décisions internationales et nationales concernant la santé. Les différentes déclarations (San Francisco, Singapour, Hong-Kong) ou les recommandations et prises de position du réseau européen des bureaux d’intégrité scientifique (ENRIO) sont pertinentes mais ne suffisent plus : un accord international contraignant sur le système de publication scientifique, de relecture par les pairs, et d’évaluation de la recherche, doit être impulsée par l’Union Européenne.

Mais la France a aussi été un mauvais élève.

Quelques chercheurs minoritaires mais surmédiatisés, afin d’embellir artificiellement leurs résultats, ont exclu de leurs statistiques des patients dont le traitement n’a pas fonctionné et qui sont décédés, ont inventé des données d’une manière avantageuse lorsqu’elles étaient manquantes, n’ont pas fourni des informations pourtant facilement accessibles telles que les comorbidités de leurs patients, et ont refusé de transmettre à leurs pairs les données permettant de vérifier l’authenticité de leurs résultats. La liste est encore longue. Ils ont ainsi durablement déformé et altéré l’image de la science et de la recherche.

Publier hâtivement sur une plateforme de vidéos en ligne, un graphique biaisé, issu de tests non-fiables, de données partiellement inventées, après avoir écarté celles qui ne sont pas favorables, est une communication trompeuse abusant un public en attente de solutions, faisant naître de faux espoirs.

User de notoriété pour provoquer une augmentation des prescriptions d’un médicament, puis argumenter qu’il guérit en se basant sur des sondages ou le nombre de prescriptions, relève davantage de la prophétie auto-réalisatrice que de la preuve scientifique.

Proclamer qu’un traitement guérit sur la base de comparaisons trompeuses, de patients plus jeunes ou en meilleure santé, relève de la mauvaise foi.

Remettre en cause les essais contrôlés randomisés, revient à oublier les risques de facteurs de confusion, mépriser la notion d’équipoise du risque qui est un fondement de l’éthique médicale, et gravement méconnaître les apports considérables de cette méthode dans l’amélioration de la vie des malades depuis plus de cinquante ans.

L’argument selon lequel l’éthique médicale et le soin priment sur la recherche est fallacieux : l’histoire de la science et de la médecine nous montre bien des exemples où des vies ont été sauvées, parfois dans l’urgence, grâce à des idées novatrices voire dérangeantes, mais d’autres où l’empirisme a conduit à des morts par millions, ou au mieux à gaspiller du temps et de l’argent dans des voies sans issue. Continuer de proclamer une découverte en refusant de la prouver, est une utilisation abusive de cet argument qui entretient la confusion, et ramènerait la science au moyen-âge.

Les patients ont un souci compréhensible à défendre la qualité de prescription de leurs médecins. Cependant le même niveau d’exigence doit être imposé aux chercheurs bénéficiant d’un effort national financier considérable, pour qu’ils fournissent des résultats fiables et honnêtes, afin que les médecins puissent prescrire de façon éclairée, librement, mais toujours dans les limites fixées par la loi et selon les données acquises de la science, comme l’indique leur code de déontologie médicale. Il n’y a là rien d’une coquetterie élitiste, d’une lourdeur bureaucratique, ou de pressions de quelques puissances financières : il s’agit de l’application du serment d’Hippocrate « avant tout ne pas nuire ».

La science est évolutive et a toujours avancé par controverses et retournements de paradigmes : il est heureux que nos concitoyens le découvrent. Et toute découverte commence par la sérendipité ou l’intuition. Un scientifique est libre de ses hypothèses, de sa méthode, et de défendre celles qui vont à contre-courant. Mais pour convaincre, il doit apporter des résultats transparents, exhaustifs, reproductibles, afin que ses pairs puissent vérifier les résultats qu’il proclame : préalable indispensable pour en faire rapidement bénéficier la population.

En sciences, la réputation se construit par la solidité des découvertes et des preuves, et non l’inverse.

Il est anormal d’invoquer fallacieusement l’éthique et l’obligation de soin pour refuser un essai contrôlé randomisé, et dans le même temps inclure sans autorisation des enfants de 10 ans dans un essai clinique.

Il est anormal que la carrière des chercheurs et les systèmes de financement de la recherche soient basés davantage sur le nombre de publications (dépendant parfois d’un système de publication perfectible et au modèle économique discutable), plutôt que sur leur qualité (l’Académie des Sciences le déplore depuis dix ans), alors que les instances d’évaluation de l’intégrité scientifique devraient voir leur indépendance inscrite dans la loi, pouvoir s’autosaisir et avoir un droit de décision sur les carrières des chercheurs et les financements des équipes de recherche.

Il est anormal que des publications scientifiques passent la barrière de la relecture en moins de 24 heures, dans des journaux où les auteurs sont eux-mêmes rédacteurs-en-chef ou membres du tableau éditorial.

Il est anormal qu’à l’inverse, une procédure de relecture additionnelle d’une publication scientifique, déclenchée par une société savante, n’aboutisse qu’au bout de plusieurs mois.

Il est anormal que les citations entre auteurs d’une même équipe de recherche soient comptabilisées dans certains indicateurs de référence.

Il est anormal que des directeurs d’équipes de recherche co-signent des publications dont le nombre rend impossible le fait qu’ils y aient réellement participé.

Il est anormal et très grave que des chercheurs partiellement interdits de publication pour cause de fraude scientifique avérée, se voient promus à des responsabilités encore plus importantes ou même à des fonctions qui décident des carrières des autres chercheurs, alors que leurs instances dirigeantes auraient dû les écarter définitivement de la recherche.

Durant des décennies, la fraude scientifique d’une minorité de chercheurs a bénéficié d’une impunité, et a même servi de tremplin à leurs carrières, dans l’indifférence générale.
Les scientifiques et les médecins font partie des professions inspirant le plus confiance, ce qui constitue un puissant socle de stabilité de nos démocraties. Durant cette pandémie, l’image déplorable de la recherche a l’avantage d’avoir projeté ce sujet au-devant de la scène médiatique. Utilisons ces débats passionnés dont se sont emparés tous les français, et qui ont dangereusement clivé notre société, pour provoquer une transformation salutaire. Le moment est historique : les responsables politiques ont le pouvoir de changer les structures de décision des carrières des chercheurs et enseignants-chercheurs, et instaurer un système coercitif contre la fraude scientifique avec un véritable impact sur la carrière des quelques rares qui s’y adonnent.
Contre la fraude scientifique aussi, le « monde d’après » ne doit pas ressembler à celui d’avant. »