Chlamydia: reco de dépistage.

La nouvelle recommandation  (octobre 2018), préconise un dépistage du Chlamydia systématique (pour les femmes sexuellement actives entre 15 et 25 ans) , et ciblé (chez les hommes et femmes de plus de 25 ans présentant des facteurs de risques)
Les facteurs de risques sont le multi-partenariat (au moins deux partenaires dans l’année), le changement de partenaire récent, les antécédents ou le diagnostic d’une autre IST (co-infection avec mycoplasme, gonocoque, syphilis, VIH…), les relations homosexuelles masculines, la prostitution ou le viol.
L’infection à chlamydia est fréquente, et en progression (trois fois plus de diagnostics en 2017 versus 2012). Elle est asymptomatique dans 60 à 70 % des cas, et potentiellement grave et avec un retentissement parfois sévère chez les femmes (atteinte inflammatoire pelvienne, salpingite, grossesse extra-utérine, stérilité) que chez les hommes.
Le diagnostic: par PCR sur prélèvement vaginal chez la femme, et sur prélèvement urétral ou sur 1er jet des urines chez l’homme.
La sérologie n’a pas d’intérêt.
En cas de résultat négatif : le dépistage est a répété chaque année en cas de nouveau(x) partenaire(s).
En cas de résultat positif : dans ce cas un traitement doit être prescrit le plus rapidement possible, et un contrôle doit être proposé à 3-6 mois.
Les recommandations sont: azythromycine 1g en dose unique, OU doxycyline 100mg x 2/j x 7j AVEC TRAITEMENT DU PARTENAIRE
Pour les femmes enceintes, la doxycycline est contre-indiquée.
En cas de co-infection par Neisseria gonorrhoeae, de la ceftriaxone injectable (250 mg ou 500 mg) est préconisée.

Bulletin des réseaux de surveillance des IST

Les réseaux de cliniciens (RésIST) et de laboratoires (Rénago, Rénachla, lymphogranulomatoses vénériennes : LGV) permettent de suivre l’évolution des indicateurs des IST bactériennes.

En 2014, les données du bulletin-des-reseaux-de-surveillance-des-IST montrent:

syphilis
– le nombre de syphilis récentes  augmente chez les hétéro-sexuels, mais surtout chez les hommes homo-bisexuels (plus de 84 % des cas)

gono– le nombre d’infections à gonocoques continue d’augmenter chez les hommes homo-bisexuels, tandis qu‘il semble se stabiliser chez les hétérosexuels.
Aucune résistance à la ceftriaxone, traitement de 1ère intention, n’a été détectée depuis 2011

– le nombre d’infections urogénitales à chlamydia  parait stable chez l’homme comme chez la femme
le nombre de LGV rectales et de rectites à Chlamydia non L est en augmentation en 2014. La quasi-totalité des cas concerne des hommes homo-bisexuels

– le niveau de co-infections par le VIH reste très élevé chez les patients présentant une rectite à Chlamydia (LGV ou rectite non L), une syphilis ou une gonococcie, reflétant une utilisation insuffisante du préservatif chez les hommes homo-bisexuels séropositifs

AU TOTAL :
Chez les hommes homo-bisexuels, le nombre de syphilis récentes, d’infections à gonocoques et de LGV continue à augmenter en 2014 en lien avec une progression des comportements sexuels à risque dans cette population.

Chez les hétérosexuels, le nombre de récentes augmente depuis 2012 tandis que le nombre d’infection à Chlamydia semble se stabiliser. L’utilisation du préservatif reste insuffisante, en particulier lors des fellations qui sont un mode de contamination très efficace pour une syphilis ou une gonococcie.

PEC des urétrites, reco et coût.

Dans le contexte de recrudescence d’infection à gonocoque et chlamydia (d’ailleurs assez souvent associés…), alors qu’apparaissent de plus en plus de résistances notamment aux fluoroquinolones, la HAS a sorti une fiche mémo: Urétrites et cervicites non compliquées : stratégie diagnostique et thérapeutique de prise en charge
Pour info: les coûts de
– l’ECBU (B65=20.15€) 1er jet, ou le prélèvement uretral (B120= 37.2€) ou le prélèvement vaginal (B140= 43.4€) :
– la PCR chlamydia (B85= 26.35€):
– la PCR gono (je n’ai pas trouvé)
le traitement de 1ère intention contre le gonocoque (ceftriaxone 500 mg en une injection IM unique): 2.86€
– le traitement de 1ère intention contre le chlamydia (doxycycline 200 mg/jour en deux prises par voie orale pendant 7 jours, ou mais avec pus de résistances connues azithromycine 1 g par voie orale en prise unique): 2.65€ la boite de 15 comprimés de doxy 100, et 6.26€ pour azithromycine monodose 1g.

Sources: Nomenclature des actes de biologie, sept 2014 (B =0.31 euros aux Antilles) et pour le prix des médicaments (prix fabricant hors taxes), le site medicprix.sante.gouv.fr

Infections Sexuellement Transmissibles (IST) en Guadeloupe.

Rappel sur les IST:
orsag 3

D’après l’étude REGLIST de ORSAG en 2010, les taux de positivité (proportion de tests positifs pour 100 tests réalisés) en Guadeloupe sont les suivants :

orasg xx

A noter:
– La recherche du HPV par PCR sur prélèvement vaginal, ne se fait qu’à la suite d’anomalies du frottis cervico-vaginal (ASC-US). Le taux de positivité retrouvé est de 34.5%, ce qui étendu à la population générale donne une prévalence de 24.6%.
– La recherche de mycoplasmes se fait par culture sur prélèvement génital ou sanguin. Le taux de positivité (34.5%) n’est pas interprétable, sans le décompte des germes, qui permet de distinguer l’infection, du portage simple qui est chez la femme de 50% pour U.urealiticum, et 15% pour M.hominis.

On retiendra:
– Le diagnostic chlamydia se fait par PCR sur prélèvement vaginal (la sérologie n’a plus lieu d’être prescrite). Il reste peu demandé, alors qu’on retrouve un taux élévé (3.8%) de positif.
– Le taux de 1.6% de portage de l’AgHBs (près de 3 fois celui de la Métropole: 0.65%)

Coût indicatif de ces examens de dépistage, en euros:
– sérologie VIH: B54 = 16.74
– AgHBS: B55 = 17.05
– AcantiVHC: B60 = 18.6
– TPHA + VDRL: B20 = 6.2
– recherche de gonocoque à l’examen direct sur prélèvement génital: B140 = 43.4
– recherche de mycoplasme après culture du prélèvement sanguin ou génital: B40 = 12.4
– PCR chlamydia sur prélevement vaginal: B85 =26.35
– PCR HPV sur prélèvement vaginal: B140 = 43.4